Acteur du tourisme durable : agir ensemble plutôt que porter la transition seul
Un acteur du tourisme durable ne se reconnaît pas uniquement à une offre « verte » ou à un label. Il agit sur les impacts environnementaux du tourisme, tout en prenant en compte l’économie locale, l’emploi, l’accessibilité et le respect des habitants. Entreprises, destinations, collectivités, associations et réseaux professionnels ont des responsabilités complémentaires dans cette évolution.
Ce qui fait réellement un acteur du tourisme durable
Le tourisme durable cherche un équilibre entre les dimensions environnementale, sociale et économique. Un hébergeur qui réduit ses consommations d’eau et d’énergie, une agence qui choisit des prestations locales, une destination qui améliore les mobilités ou une activité de loisirs accessible à tous peuvent donc être considérés comme des acteurs du tourisme durable. L’objectif n’est pas d’atteindre une perfection immédiate, mais d’inscrire l’organisation dans une démarche de progrès mesurable.
Agir sur toute la chaîne de valeur touristique
Les acteurs du tourisme durable interviennent à chaque étape du parcours du visiteur : offices de tourisme, agences de développement, hébergements, restaurants, transporteurs, voyagistes, guides, lieux culturels, activités de pleine nature, plateformes numériques, médias, organismes de formation et institutions. La transition ne concerne donc pas uniquement le séjour. Elle porte aussi sur les achats, les déplacements, la gestion des déchets, les conditions de travail, l’information transmise aux visiteurs et les retombées économiques pour les habitants.
Passer de l’intention à des choix vérifiables
Une organisation engagée doit pouvoir présenter ses priorités et suivre ses résultats : baisse des consommations, recours à des fournisseurs de proximité, prévention des déchets, accessibilité, meilleure répartition de la saisonnalité ou préservation des patrimoines. Cette transparence limite le risque de greenwashing. Elle donne aussi aux clients, aux partenaires et aux collectivités des repères pour apprécier une démarche sans réduire le tourisme durable à un argument de communication.
ATD, un réseau multimétiers pour accélérer la transition
Créé en 2011, Acteurs du Tourisme Durable (ATD) est un réseau professionnel national qui fédère près de 300 membres actifs issus de métiers variés. Cette diversité permet de croiser des contraintes et des expériences différentes. Une petite structure touristique, une destination, une école, un consultant ou un média n’ont pas les mêmes moyens ni les mêmes priorités, mais peuvent partager des solutions adaptées à plusieurs contextes.
Informer, représenter et faire circuler les pratiques
ATD mène une réflexion sur l’évolution du secteur, sensibilise les professionnels et porte la voix des acteurs engagés auprès des décideurs, des institutions et des médias. Le réseau propose aussi des espaces d’échange : groupes de travail, TD Labs, webinaires, Meet-Ups locaux, événements professionnels et Universités du Tourisme Durable. Ces formats confrontent les idées aux réalités du terrain : budget limité, manque de temps, difficulté à mobiliser des partenaires ou besoin de former les équipes.
Les échanges peuvent également faciliter la diffusion de pratiques déjà testées. Une structure qui cherche à réduire ses déchets, à améliorer l’accessibilité de son offre ou à mieux associer les habitants peut s’appuyer sur les expériences d’autres professionnels. Le réseau crée ainsi des occasions de comparer les méthodes, d’identifier des ressources et d’éviter de recommencer seul un travail déjà engagé ailleurs.
Pour qui l’adhésion peut-elle être pertinente ?
Rejoindre une communauté comme ATD peut être utile à une organisation qui souhaite sortir de l’isolement, recueillir des retours d’expérience et participer à une dynamique sectorielle. L’adhésion ne remplace ni un audit, ni une certification, ni une stratégie interne. Elle peut toutefois aider à repérer des ressources, à trouver des interlocuteurs et à nourrir un plan d’action avec des pratiques expérimentées par d’autres professionnels.
Labels et méthodes : choisir des leviers adaptés à sa maturité
Un réseau donne un cadre collectif ; une méthode aide à traduire cet élan en décisions concrètes. Pour un hébergement, l’Écolabel européen propose une démarche globale de réduction des impacts portant sur l’eau, l’énergie, les déchets, les achats et le management environnemental. Selon l’ADEME en 2020, les structures labellisées réalisent 34 % d’économies d’eau dès la première année et peuvent atteindre jusqu’à 17 % d’économies d’énergie sur la même période.
L’Écolabel européen, au-delà d’un signe distinctif
Une certification n’a d’intérêt que si elle sert le pilotage de l’organisation. Elle fournit un cadre de suivi et rend les progrès plus lisibles. Avant de commencer, l’hébergement peut relever ses consommations, identifier les équipements les plus énergivores, formaliser les consignes d’exploitation et associer le personnel. Les guides et méthodes de l’ADEME apportent un appui aux hébergements touristiques et aux structures qui envisagent cette démarche.
La transition d’un territoire dépend aussi de flux moins visibles : linge traité, denrées acheminées, mobilier remplacé, matériel prêté entre saisonniers ou équipements utilisés lors d’événements voisins. Cartographier ces circulations peut faire apparaître des mutualisations simples, comme un groupement d’achats, une ressourcerie professionnelle ou le partage de matériel peu utilisé. Cette approche d’écologie touristique et territoriale réduit les coûts et les matières mobilisées, tout en renforçant la coopération entre entreprises locales.
Quel organisme mobiliser selon son projet ?
Les organisations citées n’ont pas le même rôle. Le bon interlocuteur dépend du besoin prioritaire : fédérer une profession, structurer une destination, faire évoluer une offre de voyage ou engager une démarche territoriale. Le tableau suivant aide à distinguer un réseau métier, un accompagnement institutionnel et un dispositif de valorisation.
| Organisation ou réseau | Public principal | Apport utile |
|---|---|---|
| ATD | Professionnels de toute la chaîne touristique | Communauté multimétiers, échanges, plaidoyer, événements et partage de pratiques |
| ADEME | Collectivités et entreprises | Guides, conseils méthodologiques et ressources pour la transition |
| ADN Tourisme | Institutionnels du tourisme | Réseau des organismes de tourisme, qui regroupe 1 200 institutionnels |
| ATR | Acteurs du voyage responsable | Références et mobilisation sectorielle autour du voyage responsable |
| Grands Sites de France et réseaux de parcs | Territoires à forte valeur naturelle et patrimoniale | Coopération entre tourisme, protection des sites et gouvernance locale |
| Atout France | Filière touristique et destinations | Appui à la structuration et à la promotion de l’offre touristique |
Mobiliser un territoire : commencer petit, coordonner durablement
Une collectivité ou une destination n’a pas besoin d’attendre un vaste programme pour réunir les professionnels. La première étape consiste à créer un cadre commun, à partir d’un diagnostic partagé et d’actions accessibles. Une réunion ponctuelle peut lancer les échanges. Un cycle de coopération, avec des objectifs suivis, aide davantage à faire évoluer les pratiques dans la durée.
Un parcours simple pour enclencher une dynamique collective
- Cartographier les acteurs : repérer les hébergements, restaurants, activités, services de transport, commerces, associations, gestionnaires d’espaces naturels et habitants concernés.
- Choisir un problème concret : traiter les déchets liés aux saisons, améliorer la mobilité sans voiture, réduire les consommations d’énergie ou mieux valoriser les producteurs locaux.
- Tester une action commune : organiser un atelier de sensibilisation, lancer un achat mutualisé, rédiger une charte de partenaires ou accompagner plusieurs structures vers l’Écolabel européen.
- Mesurer et partager : suivre quelques indicateurs simples, recueillir les difficultés et diffuser les résultats pour donner à d’autres structures l’envie de participer.
La Charte européenne du tourisme durable peut aussi fournir un cadre aux territoires protégés. 26 parcs nationaux en sont signataires. Quelle que soit la démarche retenue, les engagements individuels doivent rejoindre une vision territoriale : préserver les ressources, mieux répartir les bénéfices et proposer aux visiteurs une expérience cohérente avec le lieu découvert.
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